Un 45 tours qui a passé trente ans dans une cave de Charleroi ne sort jamais de son bac en bon état. Poussière, traces de doigts, moisissure parfois, et une couche de crasse grasse qui fait crépiter les sillons. Bonne nouvelle : la plupart de ces bruits ne sont pas des rayures. Ils partent au lavage.

Commencer par trier

Avant de mouiller quoi que ce soit, regardez le disque à contre-jour. Les rayures profondes, qui accrochent l’ongle, ne partiront pas. Les voiles gris, les traces blanches ou les points noirs sont de la saleté. Un disque voilé (gondolé) se lit parfois quand même : posez-le sur la platine, et si le bras ne décolle pas, il est récupérable.

Le dépoussiérage à sec

Une brosse en fibre de carbone avant chaque écoute, en suivant le sens de rotation, suffit pour un disque déjà propre. Elle ne retire pas la crasse incrustée, mais évite d’en rajouter.

Le lavage humide, version maison

Pour les disques de brocante, un vrai lavage s’impose :

  • de l’eau déminéralisée (celle du fer à repasser), jamais l’eau du robinet, dont le calcaire se dépose dans le sillon ;
  • quelques gouttes de produit vaisselle doux ou d’un tensioactif spécifique, par litre ;
  • un chiffon en microfibre propre ou une brosse douce de type « velours ».

Frottez dans le sens des sillons, sans appuyer, en évitant l’étiquette : le papier gondole et se décolle. Un protège-étiquette (deux disques en plastique serrés par une vis) se trouve à petit prix et vaut l’investissement. Rincez ensuite à l’eau déminéralisée pure, puis laissez sécher le disque debout, à l’air.

L’alcool isopropylique dilué est souvent utilisé par les collectionneurs, mais avec modération. Sur les très vieux disques, surtout les 78 tours en gomme-laque, il est à proscrire : il les attaque.

Les machines

Les machines à aspiration et les bacs à ultrasons font un travail remarquable sur les grosses collections. Certains disquaires et clubs de collectionneurs proposent d’ailleurs de laver vos disques sur place. Pour une dizaine de 45 tours par mois, le lavage à la main reste parfaitement suffisant.

Les erreurs à ne pas commettre

  • Le lave-vaisselle et l’eau chaude : le vinyle se déforme dès 50 à 60 °C.
  • Les produits ménagers agressifs (vitres, javel, acétone) : ils attaquent le matériau.
  • Le séchage au sèche-cheveux : même punition que l’eau chaude.
  • Remettre un disque propre dans une pochette sale : changez la sous-pochette intérieure, idéalement pour une en papier doublé ou antistatique.

Le rangement, la moitié du travail

Les disques se rangent debout, jamais à plat en pile, loin des radiateurs et de la lumière directe. Une pochette extérieure en plastique protège les pochettes cartonnées, ces petits chefs-d’œuvre graphiques de la variété belge qui valent souvent autant que le disque lui-même.

Avec une bonne platine et des disques propres, il ne reste qu’à explorer : la médiathèque Bodink recense des centaines d’artistes belges dont les disques dorment encore dans les bacs à 1 euro.