Fiche artiste

Liliane Saint-Pierre

Née à Diest, Liliane Saint-Pierre passe du français de Claude François à la pop flamande, avec « Soldiers of Love » comme rendez-vous Eurovision.

Origine
Diest, Brabant flamand
Actif
1964–aujourd’hui
Genre
Pop, chanson

Liliane Saint-Pierre a commencé à chanter avant que les chansons aient le temps de prendre la poussière. Depuis ses débuts au milieu des années 1960, elle a traversé la variété flamande, la chanson française et les soirées de l’Eurovision, sans se laisser enfermer dans une seule langue ni dans un seul costume de scène. Une voix populaire, au sens généreux du terme : reconnaissable, directe et faite pour rencontrer le public.

Petite précision de géographie avant de prendre la route : on la présente parfois comme limbourgeoise, mais les biographies consultées la donnent née à Diest, dans le Brabant flamand. La médiathèque Bodink ne conserve actuellement aucun titre de Liliane Saint-Pierre. Son nom figure donc ici sans morceau à lancer — pour l’instant, du moins.

Des débuts à Diest, puis un détour par la France

Née Liliane Keuninckx, elle chante jeune, notamment avec l’orchestre de danse The Starlets, à Diest. En 1964, elle se fait remarquer lors d’un concours de variétés lié à Radio Luxembourg et décroche un contrat chez Philips. Sa première chanson, « We gotta stop », ouvre une série de disques qui l’installe rapidement dans le paysage musical flamand. « Waarom » et « Verboden wensen » prolongent ces premiers succès.

La jeune chanteuse ne tarde pas à voyager. Après un passage au Festival de Knokke, des producteurs de la télévision allemande s’intéressent à elle. Elle enregistre alors en allemand, avec notamment « Leider, leider ». La carrière prend aussi la direction de Paris : Claude François la lance sur son label Disques Flèche et lui donne le nom de scène Liliane Saint-Pierre. Les chansons françaises « Je suis une fille toute seule » et « Chanson sentimentale » témoignent de cette période. Elle passe même par l’Olympia, une étape marquante pour une chanteuse flamande de sa génération.

Ces allers-retours entre langues ne sont pas une parenthèse exotique dans son parcours. Ils en deviennent une caractéristique. À côté des chansons françaises et allemandes, le néerlandais reste une langue centrale de son répertoire. Une carrière à plusieurs tiroirs, comme une bonne armoire chinée en brocante : on en ouvre un, il y en a déjà un autre derrière.

« Soldiers of Love », rendez-vous bruxellois

En 1987, Liliane Saint-Pierre représente la Belgique au Concours Eurovision de la chanson, organisé cette année-là à Bruxelles. Elle y interprète « Soldiers of Love », chanson qu’elle a coécrite. La Belgique termine onzième, avec 56 points. Pas de victoire à la clé, mais le titre s’impose dans son parcours et devient son morceau emblématique.

À la maison, la chanson rencontre un large public et reçoit un disque d’or. Elle sera reprise et réenregistrée au fil des ans, notamment en 2012, puis dans une version avec le groupe MANdolinMAN en 2017. En 2025, « Soldiers 2.0 » remet à nouveau cette chanson en circulation. Le titre n’est donc pas resté sagement rangé dans l’album des souvenirs : il a continué à voyager, d’une version à l’autre.

Entre variété et chansons qui prennent position

La suite de sa carrière ne se résume pas à l’Eurovision. « Met jou wil ik de hemel zien » paraît en 1988, puis « Sacha » devient l’un de ses titres les plus connus. Cette chanson raconte l’histoire d’un garçon homosexuel et contribue à faire de Saint-Pierre une voix engagée en faveur de la communauté LGBTQ+ en Flandre. Elle reviendra plus tard sur le sujet avec « Het verschil », adaptation néerlandophone de « La différence » de Lara Fabian.

Dans les années 1990, elle retrouve le devant de la scène avec « Ik wil alles met je doen », une version néerlandaise de « In Private », chanson de Dusty Springfield. Suivent notamment « Ik kom zacht naar je toe », « Rio » et « Boven de wolken ». « Geef me tijd », enregistré avec Get Ready!, la fait aussi rejoindre une nouvelle génération de public. On passe de la chanson française à la pop télévisée flamande sans que le fil se rompe : celui d’une interprète qui sait faire siennes des chansons de styles différents.

Le français demeure présent dans son univers, que ce soit par ses premiers enregistrements, par les reprises ou par les spectacles consacrés à la chanson française. Le néerlandais, lui, porte une large partie de ses succès auprès du public flamand. Dans les deux cas, sa voix garde un goût pour les mélodies franches et les refrains qu’on retient sur le chemin du retour.

Une carrière toujours en mouvement

Les décennies suivantes ajoutent albums, concerts et nouvelles versions au catalogue. « Daglicht » paraît en 2014, puis l’album « Karma » en 2020. En 2024, elle propose « Dansen in het licht », sa version néerlandaise de « Dancing in the Dark » de Bruce Springsteen. En 2025, elle sort « Het heeft zin », adaptation de « It’s a Sin » des Pet Shop Boys, puis « Soldiers 2.0 ». En 2026, sa discographie s’enrichit encore de nouvelles chansons et elle monte sur scène avec le spectacle « The Magical History Tour ».

Plus de six décennies après ses premiers pas, Liliane Saint-Pierre continue donc à chanter, à enregistrer et à tourner. Pour la redécouvrir, on peut commencer par « Soldiers of Love », bien sûr, puis bifurquer vers « Sacha » ou les chansons néerlandophones des années 1990. La médiathèque Bodink n’en propose pas encore : il faudra garder l’œil ouvert lors de la prochaine chine musicale.

Sources

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