Fiche artiste
Machiavel
Du rock progressif des débuts au virage pop-rock de « Fly » en 1980, Machiavel traverse les décennies et continue de faire vibrer les scènes belges.
- Origine
- Belgique francophone
- Actif
- 1975–aujourd’hui
- Genre
- Rock progressif
Machiavel, c’est une drôle de trajectoire belge : des claviers amples et des longues échappées du rock progressif, puis des chansons plus directes qui trouvent leur chemin jusqu’aux radios. Au milieu de cette histoire, il y a « Fly », morceau phare de 1980. Et derrière le tube, un groupe qui a su changer de peau, prendre des pauses, revenir, et continuer à jouer bien après que beaucoup de ses contemporains eurent rangé les amplis.
Des débuts en plein Eurock
Marc Ysaye et Roland De Greef fondent Machiavel en 1975, après avoir joué dans Moby Dick. La première formation compte aussi le guitariste Jack Roskam et le claviériste Albert Letecheur. Le groupe s’inscrit alors dans l’élan du rock progressif européen : de longues constructions instrumentales, des changements de rythme, des claviers très présents. En Belgique, cette musique prend parfois le nom d’« Eurock ».
Les premiers albums paraissent à un rythme soutenu : Machiavel en 1976, Jester en 1977, puis Mechanical Moonbeams en 1978. Avec l’arrivée du chanteur Mario Guccio, la formation gagne une voix et une présence scénique qui deviennent essentielles à son identité. « Rope Dancer », extrait du troisième album, contribue à installer le groupe auprès du public belge.
En 1979, Urban Games montre déjà que Machiavel ne compte pas rester enfermé dans une seule formule. Les influences se diversifient, les chansons se resserrent, et la formation change : le guitariste Thierry Plas rejoint le groupe, tandis qu’Albert Letecheur et Jean-Paul Devaux s’en vont. Le virage ne se fait pas sans remous, mais il ouvre une nouvelle porte.
« Fly » prend son envol
Cette porte mène à New Lines, paru en 1980. Cinquième album du groupe, il confirme une évolution vers un rock plus direct et plus dur, sans renoncer aux mélodies. « Fly », publié en single, attire un public nouveau, notamment au nord du pays. Le groupe joue aussi en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne et en France : les ailes du titre ne sont pas seulement décoratives.
La médiathèque Bodink conserve « Fly » et « Turn off », tous deux associés à 1980. New Lines aide à comprendre ce moment charnière : Machiavel ne renie pas son passé progressif, mais il taille ses morceaux autrement et cherche un son qui puisse tenir aussi bien sur disque que sur une grande scène. Changer de direction sans perdre sa signature, voilà un exercice qui demande un peu plus que de tourner un bouton sur l’ampli.
L’album suivant, Break Out, sort en 1981. Après cette période, l’activité du groupe ralentit. The Cry of Pleasure paraît en 1987, puis il faut attendre 1996 pour que Machiavel remonte sur scène, à l’occasion des Francofolies de Spa. La tournée, qui devait avoir des airs de retrouvailles ponctuelles, devient un nouveau départ. La suite apporte d’autres albums, d’autres concerts et d’autres changements de formation.
Une longévité en plusieurs chapitres
La longévité de Machiavel n’a rien d’un long fleuve sans remous. Le groupe connaît des périodes plus discrètes, des pauses et des retours ; sa continuité se construit justement par ces reprises. Après le décès de Mario Guccio en 2018, Marc Ysaye reprend le chant sur scène, conformément au souhait du chanteur. Kevin Cools rejoint ensuite la formation, qui publie Phoenix en 2022.
Cinquante ans après ses débuts, Machiavel marque le coup avec un concert anniversaire au Cirque Royal, le 10 novembre 2025. La tournée se poursuit en 2026 : le calendrier officiel annonce notamment des concerts au Forum de Liège le 26 novembre et au WEX de Marche-en-Famenne le 27 novembre. Une longévité pareille tient autant à la fidélité du public qu’à la capacité du groupe à ne pas jouer éternellement le même disque.
À Bodink, les trois titres associés à Machiavel dessinent une petite ligne du temps : « Fly » et « Turn off » en 1980, puis « Princesse ma folie » en 1990. Pour ce dernier, prudence toutefois : la notice de la Bibliothèque nationale de France attribue l’enregistrement paru en 1990 à Graffic. La médiathèque ancienne le rattachait à Machiavel, mais cette attribution mérite d’être vérifiée avant de la considérer comme acquise. Les bacs de disques réservent parfois de ces surprises : mieux vaut regarder l’étiquette avant de lancer la face A.
Machiavel reste ainsi une pièce importante du rock belge, à la fois témoin de l’Eurock des années 70 et groupe capable de traverser les décennies en transformant son son. « Fly » en est la porte d’entrée la plus évidente ; derrière, il y a toute une histoire faite d’ambition musicale, de virages et de retours sur scène.
Sources
Dans la médiathèque
- Fly1980
- Turn off1980
- Princesse ma folie1990