Fiche artiste

Bobbejaan Schoepen

Chanteur flamand au chapeau de cow-boy, virtuose du sifflement et pionnier de la country, Bobbejaan Schoepen a aussi créé Bobbejaanland en Belgique.

Vrai nom
Modest-Hyppoliet-Johanna Schoepen
Naissance
16 mai 1925
Origine
Boom, province d’Anvers
Actif
1945–2010
Genre
Country, variété

Un chapeau de cow-boy, une guitare et un sifflement qui file droit au-dessus des frontières : Bobbejaan Schoepen avait le sens de la silhouette autant que celui de la mélodie. Né Modest Schoepen à Boom, le 16 mai 1925, il devient l’un des grands entertainers flamands de son époque. Chanteur, guitariste, acteur et siffleur virtuose, il ne se laisse pas ranger dans une seule case. La country est au cœur de son univers, mais son répertoire passe aussi par la chanson populaire, le cabaret et la variété.

Son nom de scène, Bobbejaan, apparaît en 1945. Au fil des tournées, il construit un personnage immédiatement reconnaissable, sans que le costume de western fasse tout le travail : il y a la voix, l’humour, la guitare et surtout ce sifflement devenu sa signature. À partir de la fin des années 1940, il contribue à faire connaître les sonorités country dans les pays voisins, mais aussi en France, en Allemagne et en Autriche. En 1948, il connaît une percée internationale, à une époque où partir en tournée avec son propre bus et du matériel moderne relève déjà d’une solide organisation.

Une country qui traverse les frontières

La médiathèque Bodink conserve « Café sans export », daté de 1959. Le titre joue avec une expression familière aux cafés belges : ici, l’Export n’est pas au comptoir. On retrouve dans cette chanson le goût de Schoepen pour les airs populaires et les refrains qui savent se faire une place sans cérémonie. Il existe aussi une version néerlandaise, « Café zonder bier », qui contribue à faire circuler le morceau sous plusieurs formes.

Un autre jalon de son parcours passe par l’Eurovision. Le 3 mars 1957, il représente la Belgique avec « Straatdeuntje ». Il termine à la huitième place, à égalité avec la Suisse. Ce détour par le concours ne résume pas sa carrière, loin de là, mais il donne une idée de l’ampleur de sa présence : Schoepen s’adresse à des publics différents et chante dans plusieurs langues, sans abandonner son tempérament de showman.

Parmi ses chansons les plus connues figure aussi « De lichtjes van de Schelde », enregistrée en 1952. L’air a poursuivi sa route bien après sa première vie sur disque, repris par d’autres interprètes et remis en lumière au fil des décennies. Voilà un savoir-faire de chanson populaire : un morceau qui garde sa place dans les mémoires sans réclamer de grands effets.

De la scène à Bobbejaanland

Après des années de tournées, Schoepen cherche un endroit où poser ses valises et continuer à se produire. En 1959, il achète un domaine marécageux à Lichtaart, dans la commune de Kasterlee. Le projet commence par un théâtre et une plage aménagée ; le parc ouvre officiellement le 31 décembre 1961 sous le nom de Bobbejaanland. Le chanteur y donne lui-même plusieurs spectacles par jour en haute saison. Le parc n’est donc pas né comme une fantaisie sans rapport avec la musique : il prolonge sa carrière de scène, avec une salle, un public et des artistes invités.

Peu à peu, les attractions prennent davantage de place et le domaine devient un parc d’attractions à part entière. L’artiste se fait moins présent sur scène, mais son nom reste partout : dans celui du parc, dans son image de cow-boy et dans les voitures américaines décorées qui participent à son univers. En 2004, la famille vend Bobbejaanland après plusieurs décennies à le développer. La boucle est étonnante : un chanteur bâtit un lieu pour accueillir son spectacle, puis ce lieu devient son œuvre la plus visible auprès de plusieurs générations de visiteurs.

Un retour tardif, une empreinte durable

La musique ne disparaît pourtant pas complètement derrière les montagnes russes. Dans les années 2000, Schoepen revient à l’enregistrement et participe à un nouvel album, avec notamment Geike Arnaert sur « Le Temps des cerises ». En 2007, il reçoit un Lifetime Achievement Award pour son rôle de pionnier dans la musique belge. L’année suivante, il entre au Whistlers Hall of Fame, reconnaissance bien accordée à celui dont le sifflement avait longtemps été une véritable signature artistique.

Bobbejaan Schoepen meurt à Turnhout le 17 mai 2010, au lendemain de son 85e anniversaire. Son parcours tient dans un mélange peu commun : la country et la chanson populaire, la scène et l’entreprise, le sifflement virtuose et le goût du spectacle. Pour Bodink, « Café sans export » est une porte d’entrée idéale vers cette œuvre : un titre de la médiathèque qui rappelle qu’un cow-boy belge pouvait faire voyager une chanson bien au-delà du comptoir du café.

Sources

Dans la médiathèque

  1. Café sans export1959