Photo : Miguel Discart, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia CommonsFiche artiste
Le Grand Jojo
De Bruxelles aux tribunes, Le Grand Jojo a signé des chansons d’ambiance devenues des refrains de supporters et de fêtes populaires.
- Vrai nom
- Jules Vanobbergen
- Naissance
- 6 juillet 1936
- Origine
- Ixelles, Bruxelles
- Actif
- 1969–2021
- Genre
- Chanson d’ambiance
Il suffit parfois d’un refrain bien lancé pour transformer un café en tribune et une fête de quartier en farandole. Le Grand Jojo savait exactement comment s’y prendre. Chanteur populaire bruxellois, il a laissé aux Belges des chansons faites pour être reprises en chœur, sans répétition ni mode d’emploi : On a soif !, Jules César, Anderlecht champion ou E viva Mexico. Chez lui, l’ambiance n’était pas un décor : c’était le cœur de l’affaire.
Derrière le nom se trouve Jules Jean Vanobbergen, né à Ixelles le 6 juillet 1936. Avant de devenir chanteur, il exerce plusieurs métiers, notamment dans le dessin publicitaire et la vente de disques. Il se lance dans la chanson à la fin des années 1960, avec une idée simple : proposer des airs que le public puisse attraper au vol. Son personnage se fait connaître sous le nom de Grand Jojo en français et de Lange Jojo en néerlandais. Les variantes de nom que l’on rencontre dans la médiathèque Bodink — Le Grand Jojo & Cie, Grand Jojo et les joueurs — rappellent aussi combien ses disques et ses chansons circulaient sous différents crédits.
Des chansons à reprendre ensemble
Le répertoire du Grand Jojo aime les petites histoires, les personnages hauts en couleur et les situations qui prennent vite un tour comique. Le Tango du Congo, Victor le footbaliste ou Le Bal tyrolien donnent déjà le ton : une musique entraînante, un récit facile à suivre, et cette façon de pousser l’absurde sans jamais se prendre trop au sérieux. La médiathèque conserve aussi des titres comme Le Mariage de Léon, Popeye le marin, Superman ou Patrouille de nuit. On y voit passer les modes et les clins d’œil, mais toujours avec cette envie de faire chanter la salle.
Le grand classique de comptoir, c’est On a soif !, paru en 1979. Beaucoup le connaissent sous l’amorce « Chef, un p’tit verre, on a soif », devenue presque un signal de ralliement. Le titre est là, le public comprend, et la chorale se met en place. On pourrait croire qu’il suffit d’avoir un verre à la main ; en réalité, il faut surtout une salle prête à répondre. Le Grand Jojo avait le savoir-faire pour la trouver.
En 1982, Jules César ajoute à cette galerie de personnages une figure historique qu’on n’imagine pas forcément au milieu d’une farandole. C’est tout le charme de la chanson : le personnage est moins une leçon d’histoire qu’un prétexte à l’entrain collectif. Dans ses refrains, le Grand Jojo transforme volontiers un nom connu ou une scène familière en matière à fête.
Des bistrots au stade
La chanson de supporters lui va comme un gant. En 1985, Anderlecht champion salue le club bruxellois ; l’année suivante, E viva Mexico accompagne l’élan suscité par la Coupe du monde 1986, où les Diables rouges atteignent les demi-finales. Le refrain quitte alors le cadre du disque : il peut se reprendre dans les tribunes, dans les cafés ou devant la télévision. La chanson devient un morceau de décor sonore partagé, de ceux qui reviennent dès qu’un match tourne à la fête.
Cette proximité avec le public ne tient pas seulement au football. Le Grand Jojo chante pour des lieux où les gens se retrouvent : fêtes populaires, bals, kermesses et réunions de famille. Son univers n’exige pas de connaître les codes d’un genre musical ni d’avoir suivi toute une carrière. On peut arriver au milieu, reconnaître quelques mots, taper dans les mains et rejoindre la danse. Une brocante de refrains, en somme, où chacun repart avec celui qu’il était venu chercher.
La médiathèque Bodink en garde une belle coupe : des enregistrements des années 1970 et 1980, mais aussi La (New) Beat, Le Mondiale et On a toujours quelqu’un avec soi. Les titres y apparaissent parfois dans des versions ou sous des crédits différents ; c’est une bonne raison de fouiller le catalogue plutôt que de s’arrêter au seul grand succès. Anita, L’Avion de Buenos-Aires, Den Tango van Chicago et Es ’t neïe of es ’t ja montrent aussi combien son répertoire circule entre le français et le néerlandais, à l’image de Bruxelles.
Le Grand Jojo annonce son retrait de la musique en 2021 et meurt le 1er décembre de la même année. Ses chansons, elles, n’ont pas besoin d’un rappel officiel pour revenir : il suffit parfois d’un match, d’un banquet ou d’un voisin qui lance le bon refrain. Et voilà qu’une salle entière s’y met, avec plus ou moins de justesse, mais toujours avec conviction.
Sources
Dans la médiathèque
- Folle Ambiance 11968
- Den Tango van Chicago1970
- Es ’t neïe of es ’t ja1970
- Flagrant Délit1970
- Ik ben ma leive meug1970
- Volle ambiance 11970
- Volle ambiance 21970
- Je suis un Don Juan1971
- Oh Éléonore !1971
- Le Tango du Congo1972
- Den Tango van de Congo1972
- Valencia (España Cani)1972
- Cow-boy Joe (Riders in the Sky)1974
- Cow-boy Joe (Riders in the Sky)1974
- Le Bal tyrolien (Berliner Luft)1974
- Victor de footbalist1974
- Victor le footbaliste1974
- Jambalaya1976
- L’Avion de Buenos-Aires1978
- SOS1978
- On a soif !1979
- Le Gitan1980
- Le Mariage de Léon1980
- On a l’béguin (pour Célestin)1980
- Patrouille de nuit (Night Patrol)1980
- Schultz1980
- Superman1980
- Anita (C’est pas une star de cinéma)1981
- Popeye le marin1981
- Jules César1982
- Anderlecht champion1985
- Vivre pour aimer1985
- E viva Mexico1986
- La (New) Beat1989
- Le Mondiale1990
- On a toujours quelqu’un avec soi1991
- Dis-moi bébé1991
- La Mer du Nord1993
- Jingle « Grand Jojo »2006
- La Petite Bête à Bon-Dieu
- Mexico
- Ookie-Pookie
- Jour après jour

